Comment développer les comportements entrepreneuriaux dans les organisations ? Un enjeu essentiel pour faire face à la crise sanitaire, sociétale, économique.

Des solutions alternatives pour renforcer l’autonomie et renouveler l’esprit entrepreneurial dans vos organisations

Comment développer les comportements entrepreneuriaux dans les organisations ? Un enjeu essentiel pour faire face à la crise sanitaire, sociétale, économique.

Comment développer des comportements entrepreneuriaux dans nos organisations ?

Résultats de l’enquête Co.Devenir – octobre 2020

La crise sanitaire a renforcé le besoin d’autonomie et de sens chez les salariés, a mis en exergue les enjeux financiers et business des organisations chahutées. Elle pousse à des évolutions managériales accélérées, à développer des comportements entrepreneuriaux, c’est à dire de personnes autonomes, responsables à la fois de l’humain et de l’activité. Chacun est appelé à devenir davantage encore “l’entrepreneur de son propre job” comme le disait récemment Stéphane Saba, DRH France de ECOLAB.

En pleine crise, Co.Devenir, en partenariat avec le French Talent Studio et les Hacktivateurs, a décidé d’interroger entreprises et salariés sur les comportements entrepreneuriaux dans les organisations, au travers de l’intrapreneuriat. Cette étude a été réalisée entre le 1er juin et le 19 juillet 2020.

Coté entreprises, nous avons interrogé les DRH, dirigeants opérationnels ou directeurs de l’innovation de 40 entreprises représentant plus de 500 000 salariés de tous secteurs, en trois tiers équivalents d’entreprises de moins de 500 personnes, de 500 à 10 000 personnes, et de plus de 10 000 personnes.

Coté salariés, nous avons interrogé 73 personnes ayant réellement conduit des projets d’intrapreneuriat dans différentes organisations.

Cette étude n’est évidemment pas exhaustive, car beaucoup d’organisations ont développé des leviers et des modèles de management destinés à favoriser les prises d’initiatives. Nous nous sommes ici intéressés aux initiatives venues directement des salariés, encouragées ou non par leur organisation. En outre, certaines catégories sont probablement sur-représentées dans l’étude coté salariés, comme les moins de 35 ans (64% du panel) ou les cadres (76%). Ceci alors même que la capacité d’initiative n’est évidemment ni une question de statut ni d’âge comme nous le verrons plus loin.

L’esprit entrepreneurial, une nécessité partagée et utile à encourager vraiment 

Dans les principaux enseignements de ces études, trois constats s’imposent : le besoin de renforcer les comportements entrepreneuriaux dans les organisations est partagé par les organisations comme par les salariés ; ces comportements intrapreneuriaux ont des effets multiples et plébiscités ; il reste encore beaucoup à faire pour développer les comportements entrepreneuriaux. Détaillons ces constats.

1. La nécessité de renforcer les comportements entrepreneuriaux est partagée par les organisations comme par les salariés

73% des organisations envisagent de développer des initiatives entrepreneuriales dans un futur proche, même si 27% ne l’envisagent pas du tout.

Les principales motivations affichées par les organisations sont de faire évoluer le management et la culture(80%) et d’innover pour développer l’activité (68%) puis des motivations RH comme l’attractivité ou la fidélisation (43%), voire la mobilité (30%).

Face à cela, les salariés intrapreneurs visent d’abord à relever de nouveaux challenges (81%), à développer de nouvelles compétences (52%) puis à redonner du sens à leur travail (41%). Bonne nouvelle, les deux types d’attentes coïncident comme nous le verrons sous l’angle des compétences développées et des freins à lever.

Le développement de l’esprit entrepreneurial semble même renforcé par la crise puisque 41% des dirigeants interrogés seulement 3 mois après le début de la crise estiment que celles-ci les a conduits à changer leur regard sur l’intrapreneuriat et les initiatives entrepreneuriales.

2. Des bénéfices de l’esprit entrepreneurial sont multiples et plébiscités

Au-delà de ces principales attentes, il est intéressant de relever les bénéfices divers mis en avant par les organisations : les dix premiers portent sur :

  1. Le renforcement de l’agilité et de la créativité organisationnelle (64%),
  2. Développer des comportements de responsabilité (64%), 
  3. Développer la transversalité et les coopérations (59%), 
  4. Faire émerger  de nouveaux services (57%), 
  5. Dépasser les blocages organisationnels (57%), 
  6. Accroître l’engagement (52%), 
  7. Former les futurs managers ou dirigeants (52%), 
  8. Favoriser l’essaimage (50%), 
  9. Fidéliser des talents clés (50%) 
  10. Améliorer l’orientation client (48%). 

Si elles citent les opportunités de relancer sa carrière (46%), les organisations semblent en revanche plus réservées sur le fait que l’intrapreneuriat soit une voie pour relancer des seniors (15%) ou pour favoriser les reconversions (36%). Il est vrai que les comportements managériaux portent d’abord sur des compétences non techniques.

Pour les salariés, les effets aussi sont nombreux, en termes de compétences d’abord. Ils citent notamment la vision d’entreprise et la stratégie (77%), l’influence sociale et le leadership (65%), le management de projets (65%), mais aussi la créativité et la prise d’initiatives (64%), suivies du marketing (56%) et de la vente (45%) et du sens politique (48%). 45% estiment également avoir progressé en connaissance et maîtrise de soi.

Bien que notre étude ne mentionne pas exactement les mêmes compétences entre celles attendues par les organisations (nous nous sommes appuyés sur le référentiel du WEF) et celles développées par les salariés intrapreneurs, nous avons établi un parallèle. Celui-ci semble saisissant, en prenant simplement 5 compétences de part et d’autre. 

5 compétences nécessaires à développer selon les organisations5 compétences développées par les salariés intrapreneurs selon eux
capacité d’innovation et ouverture (85%)vision d’entreprise et stratégie (77%)
créativité, originalité et prise d’initiative (66%)créativité et prise d’initiatives (64%) 
pensée critique (46%)connaissance ou maîtrise de soi (45%)
leadership et influence sociale (43%)influence sociale et leadership (65%)
vente et émotions (39%)vente et orientation client (45%)

3. Beaucoup reste encore à faire pour encourager les comportements entrepreneuriaux

Pour développer les comportements entrepreneuriaux dans les organisations, le constat est clair : il reste encore à identifier et lever les freins à l’esprit entrepreneurial, reconnaître et valoriser les compétencesacquises, étendre les possibilités aux seniors et aux non cadres, et surtout adapter l’accompagnement sur les “bonnes” compétences.

Pour les organisations, les freins à l’esprit entrepreneurial dans les organisations sont de deux ordres, et commencent par les réticences psychologiques des managers (66%) et sont renforcés par la complexité organisationnelle et des processus (59%). Ces deux freins arrivent bien devant la difficulté de concilier les deux statuts de salarié et d’intrapreneur, qui n’est citée que par 36% des répondants. 

Cela se traduit par le fort besoin d’accompagnement qu’expriment les salariés : si 60% d’entre eux ont bénéficié d’un accompagnement,  seuls 15% l’estiment totalement adapté à leur situation

Les besoins exprimés portent sur des domaines extrêmement divers, reflétant la nécessaire personnalisation des parcours d’accompagnement. Parmi les plus cités, la maîtrise de soi et du temps, le décryptage des enjeux politiques, l’anticipation de l’après-formation, les méthodes (vente, finance, marketing, RH…). Par ailleurs, la nécessité d’être accompagné par des personnes ayant été véritablement confrontées à ces mêmes enjeux.

La majorité souhaite que l’accompagnement soit certifiant et valorisé. 68% des salariés estiment qu’une certification à l’issue serait utile ou très utile et seuls 3% la considèreraient comme inutile. De leur côté, Les entreprises ont elle bien intégré l’intérêt de valoriser les compétences acquises, en confiant de nouveaux projets à dimension entrepreneuriale (57%), en proposant un rôle de mentor (55%), en offrant des responsabilité supérieures dans l’organisation ou en proposant des mobilités (32%).

Enfin, la sous-représentation dans notre étude des seniors et des non cadres interroge. Elle est probablement le reflet d’une réalité puisque l’esprit entrepreneurial n’est perçu comme un moyen de relancer des seniors que pour 15% des entreprises interrogées. Or, on sait que les innovateurs qui réussissent ont autour de 45 à 50 ans (cf études EY, NBER). Dans des grands groupes français comme Safran ou LVMH, l’âge moyen des intrapreneurs est de 45 ans, et c’est souvent autour de la cinquantaine ans que se produisent des changements de vie majeurs.

L’esprit entrepreneurial, avenir du salariat ?

En conclusion, cette étude vient renforcer nos perceptions des évolutions business et humaines profondes. La crise sanitaire que nous traversons devient un catalyseur: les enjeux économiques et de sens ressentis dans les organisations et les besoins d’apprentissage et d’autonomie de plus en plus clairement affichés par les salariés se rejoignent plus que jamais. Le besoin d’entreprendre des français, relevé dans des études (PwC Ipsos 2018) et leur attachement au salariat (OpinionWay 2019) méritent d’être accompagnés sérieusement. 

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A propos de Co.devenir

Vous voulez développer votre CA, reconstituer vos marges, améliorer votre orientation client, doper vos pratiques RH ? Co.Devenir conçoit et réalise un parcours unique d’accompagnement managérial vers l’esprit entrepreneurial, certifiant, et qui vise des résultats business et RH simultanés. Animé par un réseau d’anciens dirigeants français et canadiens, aujourd’hui mentors et coachs reconnus, il combine des dimensions de travail sur soi avec l’exploitation judicieuse des opportunités offertes par l’environnement organisationnel et le marché.

Co.Devenir remercie Olivier Leclerc, Président-Fondateur des Hacktivateurs, et Tristan Bellet, Chef de Projet du French Talent Studio, pour leur soutien.

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